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« L’Imprimerie 4.0 » – Qu’est-ce que c’est ?

9 septembre 2020

Une course vers l’Industrie du Futur, la Smart Factory ou l’Industrie 4.0, est engagée dans de nombreux pays dont l’Allemagne, à l’origine de cette dernière appellation, pour signifier l’avènement de la 4e révolution industrielle. Apparu outre-Rhin, et dévoilé au grand public par l’Association des constructeurs allemands de machines et équipements de production (Verband Deutscher Maschinenund Anlagenbau, VDMA) lors de la Foire de Hanovre en 2011, ce concept de l’Industrie 4.0 a été repris par de nombreux autres pays européens : « l’Industrie du futur » en France, le programme de recherche intitulé « Catapult » au Royaume-Uni, « Fabbrica Digitale » en Italie, « Made Different » en Belgique, « Produktion 2030 » en Suède, « Made in Denmark », « Produtech » au Portugal, « Industria Conectada 4.0 » en Espagne, « Production of the Future » en Autriche, « Průmysl 4.0 » en République tchèque, « Smart Industry SK » en Slovaquie ou encore « Smart Industry » aux Pays-Bas, mais aussi dans le monde avec par exemple l’initiative chinoise intitulée « Made in China 2025 » qui s’inspire directement de l’initiative allemande, symbolisant l’entrée de l’industrie mondiale dans sa quatrième révolution. Elle se caractérise notamment par l’introduction de l’Internet des objets et des services dans la chaîne de production, et ainsi dans la chaîne graphique des imprimeries.

Source : Aperçu des initiatives européennes en matière de digitalisation de l’industrie (Commission européenne – Nov 2018)

Avant de parler de quatrième révolution, trois autres révolutions industrielles ont conduit à des changements de paradigmes importants dans le domaine de la fabrication pour les entreprises manufacturières en général et dans le domaine de la reproduction de contenu pour les imprimeries en particulier. Ainsi, concernant ces entreprises, la première révolution, l’Industrie 1.0, marquée par l’utilisation de la vapeur et de la production mécanique et, la deuxième révolution, l’Industrie 2.0, portée par l’électricité, le pétrole et dans le cas des imprimeries, l’invention de l’offset, ont favorisé la production de masse et l’impression de masse pour ces entreprises de reproduction à une époque où la demande était stable et les produits peu variés (« any color as long as it is black! »). La troisième révolution, l’Industrie 3.0, également appelée « révolution numérique »,a été caractérisée, quant à elle, au sein des industries graphiques par de nombreuses avancées technologiques, l’introduction de la publication assistée par ordinateur (PAO), la gestion assistée par ordinateur (GPAO) ou encore le Computer-to-plate (CTP) pour n’en citer que quelques-unes, mais ces innovations, bien qu’elles aient eu un impact important sur la filière graphique, n’ont pas entraîné un changement aussi radical que celui occasionné à cette époque par l’arrivée d’Internet. L’apparition de plateformes web et des imprimeries en ligne ont entraîné des attentes et des comportements différents des clients et des donneurs d’ordre. Pour y répondre, l’Industrie 3.0 a commencé à mettre en avant de nouveaux modèles de fabrication qui se traduisent par l’impression en ligne, l’impression à la demande, voire à l’unité au sein des imprimeries.

Source : DFKI (2011), repris d’Acatech, Forschungsunion (2013), Umsetzungsempfehlungen für das Zukunftsprojekt Industrie 4.0 : Abschlussbericht des Arbeitskreises Industrie 4.0, avril 2013, p. 17.

Aujourd’hui, des chercheurs et des décideurs du monde entier, préconisent une quatrième révolution industrielle pour entrer dans une nouvelle ère du numérique et de la connectivité, l’Industrie 4.0, avec pour objectif principal d’améliorer l’automatisation, l’efficacité et l’efficience opérationnelle en mettant en réseau les processus mais aussi les produits fabriqués par l’entreprise dans le but produire un produit compétitif et de répondre à l’évolution rapide des besoins des clients notamment en matière de personnalisation. Sans oublier, l’opportunité pour les entreprises de résoudre certains des défis auxquels le monde est confronté aujourd’hui, telles que les ressources et l’efficacité énergétique. Elles seront propres, silencieuses, impliquées dans leur écosystème industriel et économes en matières premières et en énergie.

Au sein des industries graphiques, le 4.0 est sur toutes les lèvres. Il se traduit par les concepts de « Print 4.0 », « Finishing 4.0 » ou encore « Packaging 4.0 » qui ne se résument pas à la numérisation de l’imprimerie d’hier, ou à sa version hyperautomatisée pour devenir des « dark factories » c’est-à-dire des usines totalement automatisée sans présence humaine, comme certains le prétendent, mais à davantage d’intelligence dans la mise en réseau des presses et autres périphériques, entre ces machines et les hommes qui les pilotent, entre ces machines et les produits qu’elles fabriquent et enfin entre ces machines et leur environnement. Cette « intelligence » dans la production doit permettre de récupérer, enregistrer, filtrer, traiter et optimiser des informations liées à la production afin de les rendre accessibles aux imprimeurs de demain pour des prises de décisions plus efficaces. Il s’agit ainsi pour ces imprimeries et autres entreprises manufacturières d’évaluer vers les concepts de « Smart Print Shop » ou plus généralement de « Smart Factory », « d’usines intelligentes » et alors « d’imprimeries intelligentes ».

À l’époque de l’Industrie 3.0, les imprimeries ont baissé drastiquement leurs coûts de production en investissant dans le web-to-print, en introduisant le « juste à temps », en adoptant les concepts du lean et les donneurs d’ordre n’ont pas hésité pas à externaliser leur production vers des pays ayant des coûts de rémunération plus faibles.

À l’époque de l’Industrie 4.0, on peut alors espérer voir apparaître des imprimeries 4.0, fonctionnant 24h/24, encore plus connectées, plus facilement « relocalisables » près des marchés finaux et moins sujettes au coût du travail notamment par l’emploi des systèmes connectés, automatisés. Elles devront également être plus « safe » pour protéger les salariés en cas d’épidémie ou de pandémie comme celle que nous connaissons aujourd’hui avec la mise en place des procédures de gestes barrière, en s’aidant également des nouvelles technologies si besoin. Dans ces conditions, les imprimeries et autres petites entreprises manufacturières pourront redevenir compétitives y compris dans les pays où le coût de la main-d’œuvre est élevé, plus sûres et au plus près du consommateur final.

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